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Documentation > Histoire du Taekwon-Do

HISTOIRE DU TAEKWON-DO

Bien que l'origine des arts martiaux soit enveloppée de mystère, il faut reconnaître que les mains et les pieds en autodéfense sont des moyens physiques utilisés depuis des temps immémoriaux. Si nous devions définir leurs mouvements comme du Taekwon-Do, n'importe quel pays pourrait réclamer le crédit d'avoir inventé cet art martial. Il y a cependant peu de ressemblance entre le Taekwon-Do pratiqué aujourd'hui et la méthode primitive de combat sans armes développé dans le passé.

Étant donné que les théories, la terminologie, les techniques, les méthodes et les règles ont été scientifiquement développées et organisées par le fondateur, c'est une erreur de dire que tout mouvement physique utilisant mains et pieds pour l'autodéfense est du Taekwon-Do. Seules les personnes pratiquant les techniques basées sur la théorie, les principes et la philosophie du fondateur sont considérées comme des adeptes du Taekwon-Do.

Quand et où le Taekwon-Do a-t-il pris forme?

Un concours de circonstances a rendu possible la création et le développement du Taekwon-Do. Le fondateur, Général Choi Hong Hi, ayant une connaissance antérieure du Taek Kyon, apprend le karaté au Japon durant les 36 années durant lesquelles son pays natal est occupé par les Japonais. Le Taek Kyon et le karaté constituent les premières bases pour le développement du Taekwon-Do.

La pratique des arts martiaux a grandement contribué à l'amélioration de la santé du fondateur. De constitution délicate et fragile, il est encouragé à pratiquer le Taek Kyon à l'âge de 15 ans par son professeur de calligraphie. En 1938, quelques jours avant d'aller étudier au Japon, le fondateur est impliqué dans un incident inattendu qui aurait pu rendre difficile son retour en Corée sans risque de représailles. Il décide donc de devenir ceinture noire en karaté pendant son séjour au Japon, ce qui semblait lui procurer une protection contre ceux qui pouvaient lui vouloir du mal. Or, non seulement peut-il retourner en Corée, mais il devient subséquemment l'initiateur du Mouvement Coréen pour l'Indépendance, connu sous le nom de « Mouvement du Soldat étudiant de Pyongyang ». Comme beaucoup de patriotes au cours de l'histoire de l'humanité, ses actions éveillèrent la colère de ceux qui étaient en position de pouvoir. Il fut alors emprisonné dans une prison militaire japonaise.

Peu après que la Corée soit libérée en 1945, il se trouve dans une position privilégiée en tant que membre fondateur des nouvelles forces armées de la Corée du Sud. En janvier 1946, il est promu au grade de sous-lieutenant dans l'armée naissante de la République de Corée et stationné au 4e Régiment d'infanterie à Kwangju, dans la province de Cholla Namdo, en tant que commandant de la compagnie.

Il commence à enseigner le karaté à ses soldats comme moyen d'entraînement physique et mental. C'est alors qu'il réalise qu'il faut développer un art martial coréen particulier, supérieur dans l'esprit et la technique au karaté japonais. Il croit fermement que le fait d'enseigner cette nouvelle technique à travers le pays lui permettra de tenir la promesse faite à trois camarades ayant partagé son emprisonnement au Japon. Il a dit : « La raison pour laquelle mon peuple a tant souffert aux mains des Japonais, est que nos ancêtres n'ont pas gouverné avec sagesse. Ils ont exploité le peuple et, à la fin, perdu le pays aux mains de la domination étrangère. Si jamais nous regagnons notre liberté et notre indépendance, assurons-nous de ne pas devenir les maîtres du peuple, dédions-nous plutôt à conseiller ceux qui gouvernent ». C'est avec cette ambition en tête qu'il commence à développer systématiquement des techniques nouvelles. À la fin de 1954, il a presque complété la mise au point d'un nouvel art martial pour la Corée. Le 11 avril 1955, ce nouvel art martial fut nommé « Taekwon-Do ».

Sur le plan spirituel, le Taekwon-Do provient des principes traditionnels, éthiques et moraux de l'Orient et, bien sûr, de la philosophie personnelle du fondateur. Malgré sa petite taille (il ne mesure que 5 pieds), le fondateur assure avoir toujours vécu en conformité avec ses convictions morales. Voici ce qu'il a dit : « J'ai essayé de combattre du côté de la justice sans aucune crainte. Je crois que cela m'a été possible grâce à la force formidable et au courage développés par le Taekwon-Do ».

Les techniques physiques du Taekwon-Do sont basées sur les principes de la science moderne, en particulier ceux de la physique de Newton qui nous enseigne comment générer le maximum de puissance. Les tactiques militaires d'attaque et de défense y sont aussi incorporées. « Je veux préciser que même si le karaté et le Taek Kyon ont été utilisés comme références au cours de mon étude, les théories et les principes fondamentaux du Taekwon-Do sont totalement différents des autres arts martiaux dans le monde » affirme le fondateur.

En mars 1959, il dirige l'équipe militaire de démonstration de Taekwon-Do lors d'une tournée à l'étranger. Il visite alors le Sud-Vietnam et Taïwan. C'était la première fois qu'une visite de ce type avait lieu dans l'histoire de la Corée. À cette occasion, il renouvelle sa promesse de laisser le Taekwon-Do en héritage au monde. Il formule les idéaux suivants pour les adeptes du Taekwon-Do :

  • En développant un esprit droit et un corps fort, nous acquerrons une confiance qui permet d'être du côté de la justice en tout temps.
  • Nous nous unirons en une fraternité commune, sans égard à la religion, à la race, à la nationalité ou aux frontières idéologiques.
  • Nous nous consacrerons à bâtir une société humaine paisible à l'intérieur de laquelle règnent la justice, la moralité, la confiance et l'humanisme.

Il décide également de se consacrer à faire connaître le Taekwon-Do à travers le monde avec l'espoir sincère que cet art martial puisse contribuer à la réunification de son pays natal.

Son étude du Taekwon-Do s'effectue en deux parties: la discipline de l'esprit et le perfectionnement de la technique. Parce que l'esprit humain appartient à la métaphysique, ce qu'il veut dire par discipline de l'esprit n'est pas facile à décrire. « On ne peut toucher, voir ou entendre l'esprit humain ».

L'esprit humain est plus grand et plus profond que n'importe quoi que nous puissions percevoir. Il affirme d'ailleurs : « Dans ce domaine, je ne suis moi-même qu'un autre adepte participant à un processus d'apprentissage continu ». Il en est venu à définir la dimension spirituelle du Taekwon-Do comme une fusion de l'adepte avec les idéaux du Taekwon-Do. Il met également l'emphase sur la compréhension et la poursuite des idéaux visés par des personnes illustres dans l'histoire coréenne (noms des formes du Taekwon-Do). Il affirme que : « si nous nous considérons en union avec le Taekwon-Do, nous le respecterons comme nous respectons notre propre corps et le Taekwon-Do ne sera alors jamais utilisé de façon déshonorante ».

Le nom des formes rend hommage aux personnes les plus illustres que les 5 000 ans d'histoire coréenne ont connues. Une compréhension des formes conduit inévitablement à la prise de conscience que le Taekwon-Do est un art martial ne devant servir qu'à l'autodéfense et uniquement au service de la justice. En fait, l'histoire de la Corée ne contient aucun exemple où ses forces armées ont été utilisées pour envahir ses voisins, ses forces armées n'ont servi qu'à la défense nationale.

Au point de vue technique, une grande variété de mouvements pouvant être utilisés dans n'importe quelle situation ont été élaborés. Ils sont basés sur les principes suivants :

  • Tous les mouvements doivent êtres exécutés pour générer le maximum de puissance en accord avec des formules scientifiques et les principes de développement d'énergie (cinétique et potentielle).
  • Les principes sous-jacents des techniques doivent être si évidents que même les non-adeptes du Taekwon-Do pourront distinguer un bon mouvement d'un mouvement incorrect.
  • La distance et l'angle de chaque mouvement doivent être définis précisément afin de permettre des attaques et des défenses efficaces.
  • L'utilité et la façon de faire chaque mouvement doivent être claires et simples pour faciliter le processus d'enseignement et d'apprentissage.
  • Des méthodes d'enseignement rationnelles doivent être développées afin que les bienfaits du Taekwon-Do soient profitables à tous, jeunes et vieux, hommes et femmes.
  • De bonnes techniques de respiration doivent être développées pour augmenter la vitesse de chaque mouvement et diminuer la fatigue.
  • L'attaque doit être possible sur n'importe quel point vital du corps et il doit être possible de se défendre contre tout type d'attaque.
  • Chaque arme corporelle d'attaque doit être clairement définie et tenir compte de la structure anatomique du corps humain.
  • Chaque mouvement doit être facile à exécuter, permettant à l'adepte de prendre plaisir au Taekwon-Do en tant que sport et comme détente.
  • Des mesures particulières doivent être mises en place afin de promouvoir la santé et prévenir les blessures.
  • Chaque mouvement doit être harmonieux et exécuté avec rythme de façon à ce que le Taekwon-Do soit esthétique.
  • Chaque mouvement d'une forme doit exprimer la personnalité et le caractère spirituel de la personne dont elle porte le nom.

« L'adhésion à ces principes de base est ce qui fait du Taekwon-Do un art martial, un art de beauté, une science et un sport ».

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Extrait de: CONDENSED ENCYCLOPEDIA OF TAEKWON-DO, by Gen. Choi Hong Hi, 5th Edition, 1999, International TaeKwon-Do Federation, pages 23 à 25; History of Taekwon-Do; traduction Louise Falardeau et Joliette Trân, 1ère version

Mise à jour : 23 février 2013